Une journée à saveur scolaire

Aujourd'hui les enfants se sont réveillés un peu plus tard et le décalage horaire semble se faire oublier petit à petit. Les enfants sont de bonne humeur. Nous avons commencé à faire une discipline alimentaire, c'est-à-dire que tous les plats sont servis par portion (afin d'éviter de se goinfrer). Les plats sont aussi ceux que nous avons de disponible. Fini les menus à la carte. Les enfants doivent manger ce qui se présente sous leurs yeux. Bien sûr, nous ne faisons pas exprès de leur donner des aliments qu'ils n'aiment pas. Si rien ne leur plait, ils restent à table et nous regardent manger. Ça leur permet de réfléchir et de découvrir des façons de manger un aliment. Par exemple, ils n'avaient pas aimé des bleuets frais, mais ont adoré des yogourts aux bleuets. Il faut donc faire la part des choses entre un caprice et un vrai dégoût pour un aliment. Il est aussi à noter qu'Oleg est le leader du groupe : s'il n'aime pas un plat, il est fort à parier que les filles le suivront...

Ce matin, nous avons rendez-vous à 9h30 à l'école. La directrice nous a invité à venir découvrir les locaux, rencontrer la direction, quelques enseignants, etc... Nous avons prévenu les enfants que ce n'était pas une rentrée des classes, mais bien une visite. Malgré tout, ils ont les traits du visage qui en disent long. Ils ne semblent pas très enclin à aller voir l'école. L'école est pour eux un souvenir pas très positif : ils n'avaient pas d'amis, n'étaient pas les premiers et les méthodes d'enseignement étaient très rudes voire arides. Nous arrivons à l'heure avec les enfants au bout de nos bras. La rencontre a été très cordiale et nous avons pris le temps de voir tous les locaux et les infrastructures de notre école de quartier. Les enfants n'ont exprimé aucune émotion, aucun mot, aucune expression. Dès que nous avons terminé, nous avons entendu "Papa, Maman, damoye" (on rentre à la maison !). Ça en disait long. Sur le court chemin du retour, ça parlait beaucoup entre eux. Les enfants étaient clairement en train de faire leur mini-rapport de visite, mais bien entendu on n'a absolument rien compris. La chose qui les a probablement le plus surpris : la prédominance du français. La direction nous a aussi confirmé que nos enfants n'auraient pas de cours d'anglais puisque nous devons assurer leur complète francisation pendant la prochaine année scolaire. C'est évident que les enfants ne pourront pas bien parler une langue (le français), s'ils en apprennent une autre, surtout à 9-10 ans.

En après-midi, grand-papa Jacques a invité les enfants à monter à bord de son autobus scolaire qu'il conduit quotidiennement pour transporter des enfants du primaire et de la maternelle. Au tout début, ils croyaient aussi que c'était dans le but d'aller à l'école. Mais après quelques éclaircissements, ils ont compris que c'était simplement un petit tour d'autobus auquel ils avaient droit. Chacun a pris la place du chauffeur et tous les enfants ont exprimé un large sourire. Ils étaient fiers. Par la suite, le tour a commencé et l'autobus est parti chercher des enfants à l'école pour les raccompagner à leur domicile. C'est à ce moment que les enfants ont entendu les élèves parler. Là encore, le français est la langue prédominante. Ils se sont donc assis ensemble et se sont fermés comme des huîtres. 

En soirée, nous avons voulu leur faire oublier la journée à saveur scolaire. Nous avons donc décidé de sortir le bac à déguisement très garni de Mélissa. À l'intérieur se trouvaient des costumes, des perruques, des lunettes, des accessoires. Bref, une belle répétition pour l'Halloween. Les enfants se sont amusés comme des fous et cela a donné des photos mémorables. Même Oleg qui n'est pas le genre de personne à se déguiser et encore moins à se faire prendre en photo, en redemandait. C'était hilarant !!! La journée s'est donc bien terminée et nous comprenons que les enfants se sentent de mieux en mieux chez eux. 

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