Dans 2 semaines, les enfants décollent pour l'école

Dans exactement deux semaines, les enfants feront leur entrée à l'école de notre quartier, l'école Au-Fil-de-l'Eau. Ce sera sans aucun doute une journée importante pour nous, mais ce sera surtout un saut dans l'inconnu pour nos enfants. Nous avons eu la chance de rencontrer la directrice de l'école ainsi que la directrice adjointe afin de bien présenter nos enfants, de mentionner leurs forces et leurs faiblesses, leur niveau actuel et de remettre en perspective ce qu'ils ont vécu. Nous sommes restés deux heures et nous sommes ressortis très heureux de cette discussion. La directrice adjointe a une expérience en classes d'immersion puisqu'elle a travaillé quelques années dans des écoles francophones de l'ouest canadien. Elle saisit très bien les défis qu'attendent nos enfants, en plus de leur particularité d'être adoptés. Voici les grandes lignes qui sont ressorties de ces échanges :

  • Nos enfants ont 3 ans afin d'avoir un niveau académique équivalent aux enfants de leur âge. La première année est surtout dédiée à la langue, la seconde est surtout dédiée aux acquis académiques. Il n'est pas exclu que nos enfants puissent passer une année si jamais leur niveau dépasse toutes nos attentes.
  • Les enfants seront dans des classes séparées. Lisa sera même dans un bâtiment séparé des jumeaux. Les enfants se côtoieront le matin, le midi et le soir uniquement. Les récréations sont également différentes. Le but est de nous assurer que les enfants développent leur réseau d'amis et améliorent leur niveau de français. 
  • Les jumeaux (Macha et Oleg) entreront en 4e année (équivalent CM1 en France). Lisa fera son entrée en 3e année (CE2 en France). Ils ne pouvaient être mis dans un niveau inférieur à cause de leur âge, de leur maturité et surtout pour ne pas qu'ils se sentent inférieurs par rapport à des enfants de 9-10 ans qui entrent en 5e-6e année (CM2-6e en France).
  • Les enseignantes ont été soigneusement sélectionnées par la direction en fonction de leurs qualités humaines. Elles assureront les cours de francisation après leurs heures de travail, ce qui permettra également à l'enseignante de passer du temps en privé avec nos enfants pour mieux les connaitre. On parle d'environ 5h par semaine et par enfant.
  • Les profs d'éducation physique sont réputés pour être innovateurs et pour impliquer les élèves selon leurs compétences. Lisa, qui n'a jamais fréquenté un cours de sport en Ukraine à cause de son épilepsie, pourra probablement bénéficier d'un projet pilote avec un iPad. Elle pourra visionner une activité sportive qu'elle aura faite, puis elle pourra se voir pour corriger des gestes qu'elle devra améliorer. 
  • Les enseignantes sont très novatrices et il semble que les activités en classe sont toujours très stimulantes et originales. 
  • Nos enfants vont rencontrer l'équipe école sous peu (leur enseignante, les techniciens en éducation spécialisée, la direction, les profs de sport...), car nous aurons une visite privée dans leur classe. Cela permettra aux enfants de se préparer et de visualiser dans quel contexte ils seront à compter du 2 septembre.
  • Les enfants entreront à l'école à temps plein. C'était une question pour nous à savoir si nous les faisions entrer à temps plein, partiel ou progressif. Selon l'avis de plusieurs personnes, l'entrée à temps plein leur garantira une meilleure intégration/socialisation avec les amis de leur classe. Lors des projets, nos enfants seront ainsi toujours impliqués plutôt que de suivre ces projets à mi-temps, ce qui pourrait créer une frustration et un certain isolement à la longue. 

Bref, nous sommes plus qu'heureux pour nos enfants. Nous nous sentons bien entourés, compris et en sécurité. La seule inconnue : la réaction de nos enfants après avoir passé 5-6h dans un contexte uniquement francophone. Après plusieurs semaines passées à travailler avec nos enfants pour leur donner des bases en français et en maths, nous sommes très confiants pour Oleg et Macha. Macha nous surprend même en maths où elle excelle. Oleg est le roi de la lecture et il trouve le français très facile. Pour Lisa, nous sommes encore en face d'une personne qui se bute à apprendre la langue. Donc tout le reste s'en suit et elle devra probablement s'armer de patience à l'école. Mais là encore, toutes les surprises sont permises.

Cependant, avant leur arrivée à l'école, nous estimons qu'il est important qu'ils puissent avoir du plaisir durant l'été, tout comme les enfants de leur âge. Ainsi, un ami de la mère de Mélissa, Jean Lavoie, nous a gentiment proposé d'aller faire un tour en avion, histoire de vivre un baptême de l'air en famille. Jeudi dernier, nous nous sommes donc donnés rendez-vous à l'aéroport de St-Jean-sur-Richelieu. Les enfants étaient encore endormis, mais heureux de vivre une expérience unique. Le premier vol a été réalisé avec Lisa, puis le second avec Macha, pour finir avec Oleg. Tous les enfants ont pu voir la préparation d'un avion avant l'envolée, ils ont pu piloter l'avion sous l'oeil de Jean pendant quelques minutes et nous avons survolé la zone du Mont-Saint-Grégoire qui était magnifique. Tous les enfants ont gardé un beau souvenir de ce moment. Une fois terminé, nous avons pris le soin de revêtir l'avion d'une toile protectrice et nous sommes allés au restaurant, histoire de les féliciter pour leur comportement et attitude. Ils étaient ravis. 

Mélissa et moi sommes très fiers des progrès que nos enfants font au quotidien, que ce soit au niveau de la langue, de leur implication dans les tâches à la maison, leur comportement face à des inconnus, etc... Oui il reste beaucoup d'étapes à franchir, mais le plus important est de les sentir en sécurité et proches de nous. À ce jour, nous sommes leurs piliers et leurs repères. Il en demeure pas moins que ces enfants sont arrivés au Canada depuis peu de temps et je mets au défi quiconque d'aller dans un pays complètement différent et de s'intégrer aussi bien en seulement 2 mois. 

Commentaires (2)

  • Marie-Clauder

    Marie-Clauder

    19 août 2014 à 03:25 | #

    C'est beau de vous lire et de voir vos photos! vos enfants ont l'air de bien s'adapter et de s'épanouir!

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  • Andrea

    Andrea

    01 septembre 2014 à 03:05 | #

    Quel bel histoire! Nous l'avons vécu en 2011! Nous sommes les heureux parents de maria, 8 ans et Norbert, 10 ans. J'aimerai tout fois vous rassurer que une dérogation,pour retarder le niveau scolaire, est possible. Mon garçon , n'étant pas de tout scolarise en ukraine, a fréquenté un an et trois mois des classes d'accueil et par la suite, pour sa réussite , il fréquente une troisième année régulière et non pas une cinquième comme son âge correspond. Domenica Labassi nous a beaucoup soutenu dans cette démarche. Leur bien-être est très important. Mieux se sentir valorisé! Pour les écoles, c'est une question de quota.
    Si vous voulez, vous pouvez bien me contacter via l'e-mail.

    Bonne chance et bonne rentrée scolaire!

    Andrea

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