Arrivés à Kiev

Arrivés à Kiev

Le jour de notre voyage vers Kiev est enfin arrivé. C’est très surréaliste de nous savoir en chemin vers le pays d’origine de nos futurs enfants. Nous réalisons petit à petit ce qui nous arrive et ce qui s’en vient pour les prochains jours. L’excitation est vraiment à son comble.

La nuit à Londres a été très bénéfique et nous a permis d’arriver à Kiev en pleine forme afin de profiter de tous les instants qui se présenteront. Nous recommandons ce genre d’arrêt entre deux destinations afin de faire le plein d’énergie car nous devrons être 100% présents (mentalement et physiquement) pour notre fameux et tant attendu rendez-vous de mardi.

Avant de quitter Londres, nous avons continué d’avoir des commentaires étranges de la part de certaines personnes lorsque nous leur avons mentionné que nous quittions pour Kiev. Le réceptionniste de notre hôtel (un polonais par-dessus tout !) a fait une drôle de face qui en disait long… L’agent de sécurité de l’aéroport à Londres nous a demandé "are you looking for troubles?" (cherchez-vous à avoir des problèmes ?)… Merci aux médias de diaboliser ce pays qui pourtant n’est pas en guerre, mais bien en quête d’une identité nationale.

En arrivant à Kiev, nous avons passé les douanes sans aucun soucis. Seules deux questions nous ont été posées : combien de temps restons-nous et combien d'argent avons-nous. À peine 5 minutes après notre sortie, notre coordonnatrice (Kseynia… retenez bien son nom !) est venue à notre rencontre. Tout était organisé dès que nous sommes sortis de l’aéroport : une navette nous attendant avec Viktor à son bord, un appartement clé-en-main au centre-ville de la capitale ukrainienne et une visite de l’épicerie afin de nous fournir les vivres de base pour les prochains jours.

Je dois dire que les Ukrainiens ne sont pas souriants de nature. Ils sont très grands, la population semble assez jeune et nous pouvions sentir immédiatement la pauvreté ambiante. À l'épicerie, les rayons sont pleins de produits périmés, et nous avons vu plusieurs groupes de jeunes qui ne nous inspiraient pas confiance. Il faut être en mode vigilance. 

Durant l'après-midi, nous nous sommes promenés dans les parcs et rues avoisinantes. Le temps est nuageux, il fait 20°C mais l'humidité est pesante. Puisque c'est Pâques, de nombreuses familles déambulaient et passaient du bon temps en famille. Nous regardions tous les petits enfants et nous nous amusions à s'imaginer qu'ils auraient pu être les nôtres. Nous avons terminé notre promenade sur la place de l'Indépendance : la tristement fameuse place Maïden qui se situe à quelques pas de notre appartement.

Émouvant, touchant, accablant étaient les premiers mots qui nous venaient en tête. Après avoir suivi les terribles évènements des derniers mois, nous pouvions constater de nos propres yeux les dégâts et la situation sur une place pleine d'histoires. Les photos parlent d'elles-mêmes. Le silence est morbide. Les visages sont longs. Les regards sont à la fois tristes, désemparés et nostalgiques. Nous pouvions encore voir des campements de résistants, des fleurs et lampions qui jonchaient les rues afin de nous souvenir des morts, et des chants sur une scène centrale où défilaient des chanteurs pour célébrer Pâques avec des chants d'espoir et des messages patriotiques. Wow, toute une expérience renversante. 

Demain, nous passerons quelques moments avec Kseynia et notre traductrice (Natasha) avant notre rendez-vous de 10h afin de nous préparer à la rencontre avec la psychologue du gouvernement. Plusieurs dossiers nous seront présentés. Nous avons tellement hâte de connaitre la suite des choses. On se sent d’attaque et surtout d’une forme resplendissante.

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