Bienvenue sur notre blogue

Ce blogue a été mis sur place avec notre propre initiative. Merci de ne pas partager ou diffuser les photos et vidéos qui s'y retrouvent, par respect pour les enfants et toutes les personnes impliquées dans ce processus.  

Le but de ce blogue est de vous tenir informés des différentes étapes, de nos expériences et des plus récentes nouvelles au sujet de notre projet d'adoption. 

Nous sommes très fiers de vous partager tous ces moments qui sont riches en émotions, en rebondissements, en larmes et en rêves... Vous pouvez également commenter toutes nos publications afin de rendre ce blogue encore plus interactif et passionnant.

Bonne lecture, en espérant que vous apprécierez...

Mythes et réalités sur l'adoption internationale

Mythes et réalités sur l'adoption internationale

L'idée n'est venue de vous parler de quelques aspects de notre projet qui sont, pour plusieurs d'entre-vous, encore dans le spectre du mythe voire du mystère. Ne vous en faites pas, nous étions nous-mêmes dans vos chaussures il y a plusieurs mois. Nous lisons de plus en plus d'articles de journaux, de magazines, de blogues. Nous entendons de plus en plus de commentaires à gauche et à droite. Nous voyons la réaction de certaines personnes. Une chose est certaine : l'adoption internationale ne laisse personne indifférent. C'est pour cela que nous souhaitons ajuster les horloges et mettre les points sur les "i". 

Frais d'adoption : c'est probablement le sujet le plus fréquent auquel nous faisons face. À l'inverse de certaines agences d'adoption, la nôtre (TDH) nous a fourni une ventilation détaillée des coûts pendant tout le processus. Aux dires des couples qui sont allés en Ukraine, ces coûts sont respectés en tous points. Pour votre information, la somme que nous devons verser à l'orphelinat où habitait notre futur enfant est de 1 000 $. Et oui ! Pour votre information également, ce montant est de loin inférieur au montant exigé pour l'évaluation psychosociale payée au Québec ! Tout le reste passe dans nos dépenses de voyage (hôtels, appartements, transports, nourriture pour 2 mois), de traduction (coûts par mot), d'administration (je vous passe la quantité de documents qui requièrent une certification), etc... Et je rappelle que ces coûts sont similaires aux coûts engendrés par un enfant biologique depuis sa naissance, sauf que nous déboursons le tout en une seule fois.

Congé d'adoption : actuellement nous disposons de 37 semaines de congés, contre 55 semaines pour un congé destiné aux parents biologiques. La majorité des mamans nous disent qu'elles ont des séquelles physiques et psychologiques. Elles doivent aussi allaiter leur enfant, l'aider à se bâtir une routine, à en prendre soin... Les parents adoptifs devraient cependant passer au moins 12 mois avec leur enfant adopté. C'est un fait confirmé par tous les spécialistes en adoption internationale. L'augmentation de ce congé est motivé pour plusieurs raisons : francisation de l'enfant, adaptation culturelle, création du lien d'attachement, gestion des conflits et difficultés rencontrées par l'enfant, etc... Je vous garantis que 55 semaines n'est pas de trop. Autre élément, les enfants adoptés sont de plus en plus âgés (2-3 ans en moyenne), ce qui augmente les difficultés d'adaptation (lourd passé, plusieurs expériences douloureuses, retards de langage, retards psychomoteurs...). 

Âge des enfants : en fait nous ne devons jamais considérer que l'enfant qui arrive chez nous (peu importe son âge) devrait être traité comme un enfant québécois, biologique, de son âge. Jamais. Ces enfants arrivent au pays avec un âge affectif d'un bébé naissant. Ils doivent tout créer (ou recréer). Beaucoup nous disent (avec beaucoup de conviction d'ailleurs) qu'il est plus difficile d'adopter un enfant de 6-8 ans qu'un enfant de 1-3 ans. Cela est absolument faux puisque tout dépend du vécu de l'enfant. Vous pouvez tomber sur un enfant qui a vécu l'enfer même à 1 an et qui aura toutes les misères du monde à s'acclimater à sa nouvelle vie. Par contre, vous trouverez un enfant de 6 ans qui a vécu beaucoup de stabilité puisqu'il a été placé immédiatement après sa naissance. Son vécu lui permettra de s'adapter beaucoup plus facilement. Autre élément, un enfant de 6-7 ans sait pertinemment qu'il vit une adoption. Cet élément facilite son entrée dans notre vie. Par contre, un enfant de 1-3 ans ne comprend pas encore pourquoi il change de vie; c'est une autre séparation qu'il vit et qu'il ne sait pas gérer.

L'Ukraine, pays de toxicomanes et d'alcooliques : un petit cours d'histoire est nécessaire. Premièrement il faut expliquer que l'Ukraine faisait partie de l'URSS. L'URSS interdisait l'adoption internationale et vous étiez passible de prison si vous donniez votre enfant en adoption ! L'Ukraine a donc ouvert ses portes il y a presque 10 ans seulement. Durant des années, le communisme permettait aux familles de bénéficiers de nombreux avantages pour élever leurs enfants (école gratuite, camps de jour / colonies de vacances payées, soins dentaires et médicaux gratuits...). Depuis la chute de l'URSS et la pérestroïka, l'Ukraine s'est appauvrit et la population s'est scindée en deux : les très riches et les très pauvres. Ainsi, 95% des enfants adoptés sont issus de milieux très pauvres. Ce sont des séparations difficiles mais nécessaires. Tous les enfants qui ont une déficience sont mis sur une liste différente (liste d'adoption pour enfants à besoins particuliers). On y retrouve les enfants qui ont le VIH, l'hépatite B/C, des déficiences intellectuelles, de l'autisme... Notre liste d'adoption internationale est composée d'enfants en bonne santé. Cependant ils peuvent avoir un problème médical mineur (ex : pieds plats, strabisme...). Enfin, leur mode d'éducation et leur discipline font de ces enfants des personnes très polies, intelligentes et débrouillardes.

Fratrie : plusieurs ont réagi fortement (et nous devinons que c'était aussi négativement) sur notre décision d'avoir une fratrie. La raison est fort simple : lorsque ces enfants vont grandir, vont passer leur adolescence, vont avoir leurs premières expériences de vie (heureuses ou non), nous trouvons qu'il sera plus facile pour eux d'avoir un point de repère à côté d'eux. Ils pourront alors se confier et se réconforter. C'est donc pour nous une décision pour nos enfants et non pas un choix égoïste pour nous. Par contre, l'adoption d'une fratrie présente certains inconvénients qu'il nous faudra surveiller : gestion des complots entre-eux, gestion de besoins différents, compétition pour l'intégration dans la nouvelle famille... Mais nous sommes conscients aussi qu'il se peut que nous revenions avec un seul enfant ou 3... Nous laisserons notre coeur nous guider...

Voilà, je crois avoir fait le tour de quelques mythes importants et si jamais vous avez des questions, n'hésitez pas à nous faire un commentaire ou à nous écrire. Ça nous fait toujours plaisir d'en parler et d'échanger avec vous !

L'attachement. Un aspect hyper important.

L'attachement. Un aspect hyper important.

Hier soir, nous avons passé une super soirée avec un couple d'amis qui sont venus en compagnie de leur petite fille adorable. Le temps a passé vite, très vite, trop vite ! Sauf qu'on avait oublié que ce matin, il fallait se lever à 6h30 puisqu'on avait un cours de pré-adoption de 8h30 à 15h30 à Pointe-Claire (50 min de chez nous) !... Oh la la que la levée du corps était difficile. Bien entendu, l'idée de sauter ce cours et de rester sous la couverture nous est passée par la tête. Mais quelque chose nous disait qu'on devait y assister. Alors après un petit déjeuner rapide et un café, nous étions prêts pour en savoir davantage sur un aspect hyper essentiel de l'adoption : la notion d'attachement.

Cet aspect est aussi valable chez les parents d'enfants biologiques, mais il est trop souvent négligé. Cet attachement est le lien psychologique qui unit de façon durable deux êtres humains. L'établissement de cet attachement est un processus interactif, émotif et évolutif. Dès que nous verrons les enfants, ils seront sur un mode qui permettra ou non de tisser les bases de notre relation parents-enfant. Ce mode peut être affecté par le passé de cet enfant, ses expériences (agréables ou non) avec les adultes qu'il a côtoyés et avec sa prédisposition naturelle à tisser des liens avec son entourage. Dans notre cas, il faut ajouter trois facteurs importants : l'âge (un enfant plus âgé ne fait pas confiance aussi facilement qu'un bébé naissant), le nombre d'enfants (un frère peut nuire à sa soeur ou vice versa) et l'origine (des pays n'offrent pas un contexte de vie très propice à l'épanouissement des enfants). Donc, en plus de sa personnalité, il y a tous ces autres facteurs à considérer. Voici les différents types d'attachements chez les enfants :

  • Enfant piano : c'est un enfant en parfaite harmonie avec son entourage. Il s'adapte parfaitement, se fond dans son entourage, demande de l'aide si nécessaire et tisse des liens solides avec ses parents.
  • Enfant solo : c'est un enfant solitaire, qui se débrouille seul, qui ne demande rarement l'aide d'un adulte, qui se fixe des défis plus hauts que nature, qui ne se plaint jamais mais qui ne semble pas connecter facilement avec ses parents. Il faut se méfier de ces enfants qui peuvent être des bombes à retardement. Ils ne semblent pas s'attacher à personne.
  • Enfant velcro : c'est un enfant qui est tout le temps collé sur ses parents, qui est très dépendant, qui ne prend jamais d'initiative, qui vit de l'insécurité permanente et qui cherche des caractères forts pour rester vivant. Cet enfant est à risque de développer des troubles de l'attachement.
  • Enfant sumo : c'est un enfant qui est souvent contradictoire (des fois heureux, des fois colérique), qui contrôle un peu trop (il aime jouer le rôle des parents), qui semble charmeur mais en fait qui manipule pour mieux blesser. Cet enfant vit de graves difficultés d'attachement avec ses parents.
  • Enfant terroriste de maison : comme son nom le dit, c'est un enfant qui défit l'autorité, qui démontre de la violence (envers lui et les autres) et qui vit plusieurs incohérences. Souvent, ces enfants ont besoin de thérapies et sont fortement à risque de ne jamais créer de liens avec des adultes. Ce type d'enfant se retrouve souvent en foyer d'accueil puisque leur socialisation est très limitée.

Avant de savoir quel est le type d'enfant que vous avez, il faut savoir quelles sont les pré-dispositions de votre enfant à l'attachement. Il existe 4 types qui font références aux saisons :

  • la tulipe : c'est un enfant qui va croître malgré les obstacles et qui va s'attacher à son entourage (15-20% des enfants)
  • le tournesol : c'est un enfant qui va avoir besoin de beaucoup d'encouragements (de soleil) afin de bien se développer (30-40% des enfants)
  • l'orchidée d'automne : c'est un enfant qui tarde à s'attacher et qui aura besoin de soutien pour grandir, mais avec une fragilité et une sensibilité plus élevée (30 à 40% des enfants)
  • le cactus d'hiver : c'est un enfant qui se heurte à de vrais problèmes d'attachements. Il faut l'arroser mais pas trop. Ce sont souvent des enfants qui ont vécu des abus ou des conditions de stress intenses (15-20% des enfants).

Alors qu'est-ce que ces enfants ont besoin pour bien s'intégrer et fonctionner au sein de leur nouvelle famille ? Voici les 7 enjeux de l'adoption que tout parent adoptant devrait savoir :

  • Le contrôle : ces enfants veulent reprendre un certain contrôle de leur vie. Ils souhaitent piloter leur destin. Leur donner l'impression qu'ils font des choix tout en les encadrant.
  • L'intimité : ces enfants bâtissent une bulle d'intimité plus importante que les enfants biologiques, surtout chez les petites filles.
  • Culpabilité : ces enfants vont très souvent se sentir coupables et sales par rapport à leur adoption. Il faut les rassurer souvent car se sentent très humiliés quand ils parlent de leur passé.
  • Honte : ils ne différencient pas la honte de la culpabilité. Il faut donc leur apprendre que la honte est inutile dans leur vie et non fondée. 
  • Identité : ils se cherchent et posent souvent la question "d'où est-ce que je viens ?" et seront en quête d'identité tout au long de leur vie, surtout à l'adolescence. À nous de bien les préparer à affronter cette question.
  • Perte / Deuil : les deuils (d'emploi, d'amour, de membres de la famille, d'amis...) et les pertes (d'objets, de jouets, de toutous) sont souvent beaucoup plus éprouvants que pour nous car ça les ramène à leur adoption. À nous de bien les préparer également.
  • Peur du rejet : cette peur est omniprésente, surtout dès les premières années, car l'enfant pense qu'il va vous décevoir et qu'éventuellement vous ne l'aimerez plus, voire que vous le retournerez dans son orphelinat. Le rassurer est souvent un outil fort pratique.

Bref, nous sommes persuadés que cette journée nous a ouvert les yeux sur d'autres aspects importants, intéressants, voire essentiels au bon développement de nos futurs enfants. Enfin, nous souhaitons partager un petit truc applicable pour tous les parents qui vivent de petites crises avec leur enfant : la méthode du 1-2-3 pour inculquer la notion de discipline : 

  1. Je nomme ce que j'attends ou ce que je souhaite de mon enfant formulé de façon positive (ex : nous allons au centre commercial et je sais qu'on aura du plaisir à nous promener tous ensemble. Je veux que tu me tiennes la main).
  2. Je reformule mon attente puis j'énonce la conséquence (ex : nous allons au centre commercial et je sais qu'on aura du plaisir à nous promener tous ensemble. Je veux que tu me tiennes la main, sinon nous reviendrons à la maison)
  3. J'applique la conséquence sans aucune négociation (attention : ne jamais proposer de conséquences irréalistes mais bien en lien avec ce que vous faites). Dans ce cas, vous tolérerez la crise et resterez neutre. L'enfant finira par comprendre que vous appliquez toujours vos conséquences !

Sur ce, bonne fin de semaine à vous tous et à bientôt !

Une journée pleine de petits bonheurs

Une journée pleine de petits bonheurs

La journée commençait de façon étrange... Il faisait nuageux, la bruine s'est mise à tomber et nous attendions avec impatience la venue de Mme Dumouchel, psychologue, qui est responsable de notre évaluation psychosociale. Nous faisions attention que tout soit en place afin de donner une bonne première impression. C'est probablement notre côté perfectionniste qui prenait le dessus. Une chose est certaine, nous sommes prêts !

Arrivée à 9h20, on fait le tour de la maison (rapidement) et la psychologue note que l'environnement est clairement propice à au moins 2 enfants. Elle note la présence de l'école maternelle en face de chez nous, d'un parc public avec jeux pour enfants, d'une bibliothèque, d'une piscine municipale... bref, tout le kit parfait pour combler des enfants. Elle s'assoit tranquillement à la table de la salle à manger et commence à nous poser plusieurs questions. Certains questions nous demandent de justifier notre choix d'adoption, notre idéal familial et notre but. D'autres questions concernent nos réactions si telle ou telle évènement arriverait avec un enfant. Par la suite, elle questionne notre passé afin de confirmer qu'on ne traine aucune séquelle de rupture ou de deuil qui pourrait nuire à l'arrivée des enfants. Enfin, elle nous demande de parler de nos amis et de notre famille afin de s'assurer que les enfants pourront avoir un réseau social avec d'autres enfants de leur âge et pourront interagir avec des personnes qui pourraient prendre le relais, au cas où... Tout s'est superbement bien passé. À 12h15, tout était bouclé. En quittant, elle nous confirme que le rapport final sera prêt dans environ 2 semaines (avant Noël) et qu'elle émettra une conclusion positive confirmant que nous pourrons adopter 1 ou 2 ou 3 enfants de 0 à 10 ans et 11 mois. Ça fait un petit velours de savoir qu'une psychologue nous considère prêts à accueillir de petits êtres en quête d'amour. Elle nous confirme aussi que plusieurs de nos réponses reflètent une grande maturité et responsabilité puisqu'un enfant adopté requiert des aptitudes uniques et des réflexes différents des enfants biologiques. Voilà que ce petit bonheur nous a donné plein de papillons !

Par la suite, j'ai accompagné Mélissa à l'école car son cours débutait à 13h15 (elle avait pris sa demi-journée) ... c'était un vrai marathon. Ensuite, je me suis dirigé au bureau de l'agence d'adoption à Montréal afin de remettre plusieurs documents signés et certifiés. Il ne nous reste plus que le rapport d'évaluation psychosociale, les certificats médicaux, la preuve d'emploi de Mélissa et notre rapport d'antécédents judiciaires afin de compléter notre demande. On tient le bon bout.

Ce soir, afin de nous détendre des différents stress des derniers jours, nous avons marché sur l'avenue Mont-Royal, nous avons fouiné les livres, quand soudain nous sommes tombés sur une boutique de bagage avec de superbes valises pour enfants dans la vitrine (en forme d'animaux). On craque !!! En entrant, on commence à regarder les modèles et naturellement les propriétaires libanais, Élie et Denise, nous demandent ce qu'on allait faire comme voyage. On commence par leur expliquer brièvement notre cheminement et ils nous ont serré la main en nous félicitant pour ce geste que nous posons. C'était un accueil très émouvant. Ils nous proposent des sacs / valises très pratiques puisque Yannick et Valérie nous ont mentionné que les valises traditionnelles sont trop grosses pour les trains ukrainiens. On a donc suivi leurs conseils. Nous ajoutons un superbe sac à dos... et lorsqu'est venu le moment de payer, Denise avait les larmes aux yeux et nous a gentiment offert un petit sac à dos en forme d'éléphant. Bien entendu, nous étions touché par ce geste spontané et humain. Pour compléter le tout, nous avons acheté 2 autres petits sacs identiques au cas où nous adopterions 3 petits enfants... Autre geste de ces commerçants, ils nous offrent un rabais de 35% sur tous nos achats de sacs à lunch et sacs à dos pour toute l'année 2014 et en contrepartie, ils souhaitent voir les enfants... Trop gentils ! 

Imaginez la coïncidence... Ces petits sacs sont de couleur jaune et bleu, les couleurs du drapeau ukrainien. Étrange... Cela nous a permis de réaliser qu'inconsciemment plusieurs choses reliées aux enfants sont jaunes et bleues ! Juste la couleur des 2 chambres (une chambre bleu clair et une chambre jaune/orangée) puis les 2 boîtes à souvenir achetées pour conserver les éléments du passé des enfants, qui sont jaunes et bleues. Nous sourions avec émotion en pensant à tout cela. Une belle journée qui nous a donné beaucoup d'émotions et de papillons agréables à vivre.

Le pouvoir d'Internet

Durant les derniers jours, nous nous sommes affairés à préparer notre maison pour l'arrivée de la psychologue qui finalise notre évaluation psychosociale. Elle vient demain, à 9h. Suite à sa visite, elle rédigera son rapport final résumant notre vie, nos aptitudes, nos points forts/faibles afin de valider le nombre d'enfants, la tranche d'âge et le type d'enfants que nous pourrions adopter. Ce rapport sera remis à la DPJ pour une ultime confirmation. En fait, à l'inverse des parents biologiques, nous ne choisissons pas grand chose... même si nous lui exprimons régulièrement nos désirs...

Hier soir, nous avons eu un appel de Nadia (coordonnatrice de l'agence d'adoption). Elle s'est renseignée sur un des documents que nous devons produire : la confirmation d'emploi. Le "hic" c'est que je suis à mon compte depuis avril 2013 (même si notre compagnie a débuté officiellement en décembre 2010). J'avais un emploi auparavant. Je dois prouver aux autorités ukrainiennes que j'ai un poste permanent, à temps plein, depuis au moins 6 mois. Il a fallu faire des pirouettes avec notre comptable et trouver une façon de bien présenter la situation. Sauf que je ne peux me signer une lettre d'emploi à moi-même. Après plusieurs modèles que nous avons produit, nous avons enfin trouvé la bonne façon de faire. L'avantage est que Nadia présentait les modèles à son homologue en Ukraine. Cette personne connait très bien les exigences des autorités judiciaires pour confirmer ou refuser un papier qu'ils exigent pour finaliser l'adoption. En fin de conversation, elle m'a fortement recommandé de contacter Yannick et Valérie qui sont actuellement en Ukraine et qui finalisent l'adoption de 3 enfants (3, 5 et 8 ans). Ils sont sur Skype et elle me communique leurs coordonnées.

Ce matin, à 7h45 nous nous sommes connectés en Ukraine et avons échangé longuement avec ce couple très enthousiaste et remplis de bonheur. Ils nous ont confirmé que l'agence TDH est vraiment excellente : aucune surprise, un support hors du commun, un niveau de communication excellent, etc... Ils ont eu la gentillesse de prendre de leur temps pour parler des différentes étapes, des intervenants, des enfants... de leurs craintes, de leurs joies. C'était tout simplement génial. Ils passent en cour ce vendredi et devraient revenir avant Noël, après 8-9 semaines de séjour. Ils habitent dans notre région, ont eu la même psychologue pour leur rapport psychosocial et ont à peu près notre âge... On appelle ça s'identifier à quelqu'un. Nous garderons contact, c'est certain ! Vous souhaitez lire leur propre blogue, le voici : http://val-et-yan-en-ukraine.blogspot.ca

Merci Skype et Internet !

Assurances, violences et optimisme

Assurances, violences et optimisme

Depuis les derniers jours, nous avons soudainement vu les nouvelles s'enchainer et se déchainer sur l'Ukraine alors que ce pays était quasiment inconnu du grand public. Il faut connaitre un peu l'histoire de ce (nouveau) pays pour comprendre ce qui s'y passe actuellement. Il faut comprendre que tous les pays de l'ancien bloc soviétique (URSS) sont sous une pression constante et désagréable de leur voisin russe. Le gouvernement russe ne voit pas d'un bon oeil le rapprochement que le peuple ukrainien souhaite avoir avec l'Europe. La Russie approvisionne l'Ukraine en gaz naturel et l'Ukraine exporte principalement en Russie. La Russie fait toutes sortes de chantages pour éviter quelconque rapprochement avec Bruxelles. C'est donc en partie ce qui explique le revirement soudain du président ukrainien qui était pourtant sur une lancée laissant présager une signature d'un contrat d'échanges économiques avec l'Europe. Mais non... il a reporté à une date ultérieure cette signature, ce qui a eu pour conséquences d'enrager son peuple qui vivait l'espoir de prospérer avec le marché européen. Les manifestants sont donc descendus dans la rue, ont exprimé leur désaccord et se sentent trahis par un pouvoir trop mou devant les Russes. Cependant, nous gardons espoir que la situation se calme au courant de l'hiver.

Pendant ce temps, au Québec... Nous devons penser à un autre aspect de notre projet qui est trop souvent négligé : les assurances. En effet, les enfants doivent avoir une assurance voyage afin de revenir au pays ainsi qu'une assurance santé pour les premiers bobos qui seront soignés au Québec. Cependant, on doit se démener dans les entrailles des compagnies d'assurance et de la Régie d'Assurance Maladie du Québec (RAMQ) pour comprendre quand, combien, qui et où... Puisque nous ne connaissons ni le nombre, ni le nom, ni l'âge des enfants, il nous est impossible de planifier quoi que ce soit. Les assurances sont nécessaires car nous devons prendre pour acquis que les enfants devront avoir des suivis réguliers, que ce soit au dentiste (caries, tartre), chez l'orthophoniste (francisation, langage oral) ou chez l'ergothérapeute (psychomotricité)... Nous n'avons jamais assez d'assurances pour assurer les 2-3 premières années avec nos enfants. Cela est un conseil provenant des groupes d'adoption qui nous ont donnés les plus récents cours de pré-adoption.

Enfin, nous avons finalisé une bonne quantité de paperasse en vue d'envoyer notre dossier à l'agence d'adoption, mais aussi à Citoyenneté & Immigration Canada. L'agence nous confirme que nous allons vite et qu'ils sont impressionnés par notre efficacité. Que voulez-vous, quand on a hâte, on fait le nécessaire... Selon les plus récentes confirmations, notre dossier devrait être déposé en Ukraine à la fin janvier / début février. Nous devrions par la suite partir en avril 2014 pour 6-8 semaines en Ukraine. Oh qu'on a hâte ! Avant cette date, nous devons finaliser aussi l'évaluation psychosociale : la psychologue de la DPJ viendra chez nous jeudi matin pour valider les derniers points d'évaluation. Oh que ça vient vite :)

C'est parti pour la paperasse...!

C'est parti pour la paperasse...!

Nous avons encore une visite avec la psychologue de la DPJ avant de remettre notre évaluation psychosociale à l'agence d'adoption pour révision et traduction. Nadia nous a contacté afin de nous donner encore d'autres détails très intéressants.

  • Les enfants ukrainiens ont un suivi médical beaucoup plus strict qu'en Russie avec 2 visites par année auprès de 8 spécialistes. Même les grippes, castors, vaccins et autres bobos d'enfants sont répertoriés. C'est vraiment un atout rassurant !
  • Les enfants ukrainiens débutent l'école à 7 ans. Ils sont très stimulés pour la motricité fine et globale, cependant il faut être conscient qu'ils ne sont pas exposés à autant d'éléments qui composent la culture d'un enfant de leur âge (ex : films, livres...). Ce sont des éléments à travailler en plus de la francisation ... mais toujours dans le plaisir !
  • La majorité des enfants qui ont été adoptés sont de nature très docile, sont très reconnaissants de la chance qu'ils ont. 
  • Selon l'agenda actuel et la vitesse à laquelle les choses avancent, nous devrions partir pour l'Ukraine dès le printemps 2014 !
  • Un point essentiel est d'exiger du rapport d'évaluation psychosociale que certaines précisions soient clairement indiquées : 1 ou 2 ou 3 enfants, de sexe indifférent, âgés de 0 à 10 ans et présentant des problèmes mineurs ou corrigibles (ex : strabisme ou pieds plats) et sans handicaps. Cela a pour but de nous laisser la latitude de choisir parmi plus d'enfants disponibles à l'adoption internationale, sans quoi nous risquerions d'être très déçus.

Cependant, avant d'aller plus loin, les premiers papiers à préparer sont ceux reliés à la citoyenneté. Nous venons donc d'entamer le remplissage des formulaires du Canada. Alors c'est parti pour le festival des dates de naissances, adresses, nom de jeune fille, signatures et autres photos...

Mon album d'adoption

Mon album d'adoption

Probablement que vous avez déjà vu de superbes ouvrages en librairie qui permettent de collecter tout un tas d'informations concernant votre vécu avant, pendant et après la grossesse. Ces livres sont une petite mine d'or pour l'enfant qui aura la chance d'en prendre connaissance à un certain moment de sa vie.

Saviez-vous qu'il existe un équivalent pour les enfants adoptés ? Il s'agit de "Mon album d'adoption" aux éditions Dauphin Blanc. Vous pouvez vous le procurer dans toutes les bonnes librairies.

Certes, l'enfant revient chez vous avec son sac à dos, remplis de pièces de casse-tête dont certaines sont manquantes. Il faut apprendre à vivre avec cela lorsqu'on adopte un enfant. Or, ce cahier vous permet de démarrer à zéro, chez vous en parlant de votre parcours menant au choix de l'adoption, de ce que nous avons vécu dans le pays, des premiers pas avec l'enfant et des premières fois (premier mot en français, premier "je t'aime"...). C'est un ouvrage absolument rassurant pour ces enfants qui vont finir par vous demander d'où ils viennent. 

Si vous connaissez un couple qui vit un projet d'adoption locale ou internationale, cela pourrait être un cadeau inestimable à leur mettre sous le sapin...

Au revoir la Russie, bienvenue à l'Ukraine

Au revoir la Russie, bienvenue à l'Ukraine

Voilà que la situation est claire. Nous ne fondons que peu d'espoir d'adopter en Russie à cause des conflits diplomatiques entourant une entente bilatérale qui concerne, entre autre, les parents adoptants qui ont un dossier ouvert pour la Russie.

Comme vous le savez, la Russie a voté une loi qui interdit les adoptions aux couples de même sexe, aux américains et aux personnes célibataires. Récemment, des tribunaux russes ont demandé un éclaircissement de la loi car on dit que l'adoption n'est pas autorisée pour les pays ayant légiféré sur le mariage entre conjoints de même sexe. Le Canada fait partie de ces pays.

De ce fait, la Russie a demandé que les tuteurs des enfants adoptés (désignés en cas de décès des parents adoptants) soit obligatoirement mariés et hétérosexuels. Cette demande ne semble pas être recevable pour le Canada qui insiste sur le fait que ces personnes ont les mêmes droits que les couples hétérosexuels. L'Italie a signé cette entente. La France, la Suède et plusieurs autres signeront au début 2014. Le Canada s'est retiré pour analyser la situation. Vous comprendrez qu'on ne sait pas qui pilote le dossier, quelle est la priorité de ce dossier et quand un déblocage est possible. Avec toutes ces questions, nous avons longuement questionné Nadia afin de connaitre les autres options.

Puisque nous souhaitons de toutes façons adopter une fratrie, l'Ukraine s'est présenté naturellement à nous. Cependant, l'âge des enfants est un peu plus élevé. On parle d'enfants qui ont entre 3 et 8 ans, en bonne santé, et qui sont des enfants modèles dans leur milieu. De ce fait, nous avons commencé à lire des blogues de parents qui sont passés par là. Nous nous sommes beaucoup parlés pour arriver à la conclusion que nous fermerons notre dossier d'adoption en Russie.

Ce matin, nous avons communiqué avec Nadia afin de lui faire part de notre décision. Une lettre de désistement a été envoyée. Les papiers pour l'Ukraine sont déjà en train de se faire compléter. Je peux vous assurer que tout cette histoire nous maintient enthousiasmés par ce projet. Le meilleur reste à venir !

Première journée de formation en pré-adoption

Première journée de formation en pré-adoption

Lorsqu'on nous a mentionné que la Russie exigeait 46 heures de cours de pré-adoption par les parents adoptants, je me suis mis en mode adolescent : je ne souhaitait rien savoir de plus, je ne voulais pas avoir les avis et conseils d'autrui et, par-dessus tout, je voulais conserver mon instinct de parent. 

Cependant, les premiers instants de cette formation m'ont démontré que nous ne sommes pas les seuls à vivre cette expérience. Nous étions 18 personnes a avoir choisi le chemin de l'adoption internationale (couples et célibataires), que ce soit en Chine, en Colombie, à Taïwan, en Russie et au Kazakhstan. Ce sont des personnes tout à fait normales, qui nous ressemblent, qui ont été blessés par le fait de ne pouvoir avoir d'enfant biologique et qui souhaitent éventuellement collecter des informations afin de bien préparer l'arrivée éventuelle de leur enfant.

Les animatrices sont Domenica Labasi (travailleuse sociale) et Hélène Duchesneau (psycho-éducatrice) qui ont énormément de bagage derrière elles. Elles ont su apporter leur expérience et expliquer tous les éléments importants qui permettent de bien accueillir l'enfant chez nous, de bien préparer notre entourage et de nous assurer que la transition soit la plus limpide et agréable possible. 

Je croyais en savoir beaucoup sur les enfants, mais les enfants adoptés ont tellement plus de particularités que je suis très heureux d'avoir assisté à cette série de formations. Je comprends aujourd'hui que ces enfants ont un passé qui peut être lourd, obscure voire traumatisant tout dépendant du pays d'origine. Les premiers pas de ces enfants en sol canadien seront très déstabilisants et nous devrons leur donner tout l'amour, la sécurité et la confiance puisqu'à ce jour, tous les adultes qui ont été sur leur chemin n'ont pas toujours été fiables. Je remercie ces deux personnes pour leurs bons conseils et leur écoute. C'était très enrichissant.

Nous avons également pris la décision de travailler avec elles afin de concevoir des outils pour aider les enseignants de maternelle et du primaire à mieux accueillir ces enfants. Ce travail nous parait normal et naturel. Nous avons eu la confirmation que les enseignants sont en effet mal préparés et outillés pour accueillir ces enfants. 

Un rendez-vous pas comme les autres...

Un rendez-vous pas comme les autres...

Nous voilà assis dans le bureau de la notaire Me Annie Blanchette à qui nous avons parlé la semaine dernière. Une personne très dynamique, directe et sensible à notre dossier. Les questions sont venues de tous les côtés, les options sur l'organisation du mariage, les procédures et papiers reliés à cette étape qui se veut l'une des plus importante de notre vie.

Le temps nous manque, les idées aussi... Quand vous êtes pris dans le tourbillon actuel, je peux vous assurer que vous ne pensez pas aux détails, mais plutôt aux raccourcis. Dans notre cas, nous devions gérer la rapidité du processus, la gestion des amis et membres de notre famille afin qu'ils comprennent cette précipitation, et le fait que ma famille soient si loin pour un moment si important pour eux aussi... 

Première rencontre avec l'agence d'adoption

Première rencontre avec l'agence d'adoption

Peu de temps après avoir contacté l'agence d'adoption TDH, nous avons été invités à rencontrer Nadia Lutskaya qui est responsable des dossiers d'adoption pour la Russie et pour l'Ukraine. 

En arrivant dans leurs locaux, on a été accueillis par Maria qui est la secrétaire de l'agence. Elle nous a dirigé vers le bureau de Nadia qui nous attendait. 

Nadia est une personne de terrain, un bourreau de travail et une personne qui se met à la place des parents adoptants ainsi que des enfants. Elle a été elle-même adoptée par sa grand-mère et comprend très bien les défis des enfants orphelins. Elle a pris le temps de raconter son parcours, son vécu, ses multiples expériences d'adoption. Elle nous a montré des photos, des vidéos et témoignages qui nous ont beaucoup rassuré. 

Elle nous suggère la Russie puisque les enfants qui sont proposés pour l'adoption sont âgés entre 14 mois et 5 ans. De plus, la liste d'attente a fondu comme neige au soleil depuis la loi anti-gays votée par le gouvernement russe et qui interdit l'adoption d'enfants russes aux Américains, au couples homosexuels et aux célibataires. 

La seule raison pour laquelle nous ne pouvons signer de contrat, est que la Russie exige que les couples adoptants soient mariés. Ah, le mariage !... Certes, nous en parlons depuis des lunes, mais jamais nous nous sommes fixés sur des dates précises. Penser à se marier dès que possible avec une famille outre-mer, une famille nombreuse et un agenda serré... Voilà un beau problème qui a généré de nombreuses discussions chez nous. Nous voulons nous marier, oui bien sûr... mais nous devons aussi nous y prendre délicatement pour ne pas blesser quiconque. Avant tout, nous avons pris rendez-vous chez la notaire afin de valider les aspects légaux, les dates et autres procédures permettant de réaliser un mariage avec un peu de décorum et qui ne soit pas en mode brouillon... Pas évident !

L'autre élément non négligeable est que la Russie vote régulièrement des lois pour ajuster les règles entourant leurs procédures d'adoption internationale. Des fois ces nouvelles lois sont en notre faveur, des fois moins... En quittant le bureau de Nadia, elle nous regarde avec un petit sourire en nous mentionnant "faites vite !"... Elle connait inévitablement les habitudes de ce pays et ses tendances à changer ses lois.